1. Comment le tapis sera-t-il lavé ?
C'est la première question, et la réponse doit être précise. Deux méthodes portent le nom de « nettoyage de tapis », mais elles ne font pas du tout le même travail.
- L'injection-extraction, ou shampouinage, se fait souvent chez vous. Une machine projette de l'eau et un détergent dans le velours, puis les réaspire aussitôt. Sur une moquette collée au sol, c'est adapté. Sur un tapis noué main, l'eau ne descend pas jusqu'au fond de la trame, là où le sable et la poussière se sont accumulés pendant des années.
- Le lavage à grande eau se fait en atelier. Le tapis est d'abord dépoussiéré à sec, puis saturé d'eau et de savon doux, brossé dans le sens du velours, rincé jusqu'à ce que l'eau ressorte claire, essoré et séché à plat.
Le premier rafraîchit la surface. Le second lave le tapis entier, velours, nœuds et trame. Demandez aussi où le travail est fait : un tapis peut passer par plusieurs mains entre le moment où il quitte votre salon et celui où il revient. Vous avez le droit de savoir qui le lave, et où. Le détail de chaque étape est sur notre page consacrée au lavage des tapis à la main.
2. Les couleurs seront-elles testées avant le bain ?
Un tapis d'Orient peut porter des teintures végétales anciennes, des colorants chimiques d'une autre époque ou des reprises de teinte faites à la main. Certaines tiennent parfaitement à l'eau, d'autres bavent au premier contact. Une fois qu'un rouge a migré dans un ivoire, le dégât est long à rattraper.
Un professionnel teste donc chaque couleur sur une zone discrète, à l'humide, avant de mouiller le tapis. Le résultat décide de la suite : température de l'eau, produit, durée du bain et du rinçage. Posez la question telle quelle : « Comment testez-vous les teintures ? » Une réponse vague doit vous alerter.
3. Et la matière, qui l'identifie ?
La même prudence vaut pour la fibre. La laine supporte un bain complet. La soie se lave à froid, sans frotter, avec un rinçage court. Et une bonne partie des tapis présentés comme « soie » sont en réalité en viscose, une fibre artificielle qui craint l'eau plus encore. Un atelier sérieux identifie la fibre avant de proposer un protocole, comme nous le faisons pour chaque tapis en soie, ou présenté comme tel.
4. Où et comment le tapis va-t-il sécher ?
Le séchage compte autant que le lavage. Un tapis noué main est épais et dense, et sa trame de coton retient beaucoup d'eau. S'il sèche mal, il garde une humidité au cœur qui finit en odeur, en auréoles ou en déformation.
Les bonnes réponses ressemblent à ceci :
- le tapis est essoré sans être tordu ni plié, par exemple avec une essoreuse à rouleaux ;
- il sèche à plat, dans un local ventilé, et non suspendu à une barre ;
- il n'est ni chauffé ni exposé en plein soleil pour aller plus vite ;
- on vérifie qu'il est sec à cœur, dos compris, avant de le rouler.
Un tapis séché suspendu ou trop vite a tendance à gondoler, et il redevient rarement parfaitement plat. Si l'on vous annonce un tapis lavé et sec en un temps qui vous paraît très court, demandez simplement comment il sera séché.
5. Qui constate l'état du tapis au départ ?
Avant que le tapis quitte votre maison, son état doit être noté, à deux. Ce descriptif protège tout le monde : vous, si un dégât apparaît au retour ; le professionnel, si une usure ancienne se révèle une fois la poussière partie.
Un bon état des lieux mentionne au moins :
- les dimensions et la matière ;
- les zones usées, les franges abîmées, les lisières qui s'ouvrent ;
- les taches visibles et les réparations anciennes, souvent repérables seulement au dos ;
- les traces de mites, s'il y en a.
Prenez vous-même quelques photos de l'endroit et du dos le jour du départ. Demandez aussi ce qui est prévu si le tapis est endommagé pendant qu'il est entre les mains du prestataire : la réponse doit être claire avant, pas après.
Un lavage révèle parfois ce que la saleté cachait : une ancienne reprise, une trame fragile. Dans ce cas, le professionnel doit vous appeler avant d'aller plus loin. C'est ainsi que nous travaillons, comme nous l'expliquons sur la page comment ça se passe, de l'appel à la livraison.
6. Que comprend exactement le devis ?
Un prix annoncé au téléphone sans avoir vu le tapis reste une fourchette. Le prix ferme se fixe à l'examen, parce qu'il dépend de plusieurs choses :
- la surface du tapis ;
- la matière : laine, laine et soie, soie ou viscose ne demandent ni le même temps ni les mêmes précautions ;
- l'encrassement : un tapis entretenu et un tapis resté des années sans lavage ne demandent pas le même nombre de bains ;
- les traitements en plus : odeurs, taches anciennes, mites.
Demandez un devis écrit, poste par poste. Vous voyez ce que représente chaque traitement et vous choisissez ce que vous faites faire. Méfiez-vous d'un forfait très bas qui grossit une fois le tapis parti, ou d'un traitement ajouté sans votre accord. Nous expliquons ce qui fait le prix d'un lavage sur une page dédiée, et chez nous le devis est gratuit.
Un bon devis dit aussi ce qui ne sera pas fait. Si une frange est déjà cassée ou une lisière ouverte, le lavage ne la réparera pas, et le bain peut même fatiguer une zone fragile. Le professionnel doit vous le signaler et vous proposer, à part, une réparation que vous êtes libre d'accepter ou non.
7. Que vous rend-on, et dans quel état ?
Dernière question, souvent oubliée : qu'est-ce qui est inclus, et quel résultat est réaliste ?
- Les franges sont-elles lavées avec le tapis, ou laissées telles quelles ?
- Les taches anciennes partiront-elles ? Le vin, le café ou la boue partent en général au lavage complet. La javel, un acide ou un détachant mal choisi ont modifié la fibre elle-même : là, il faut parler de détachage et de reprise de teinte, pas seulement de lavage.
- L'odeur : un tapis bien lavé et bien séché ne sent rien de particulier, sinon parfois un peu la laine. Une odeur d'urine ou de renfermé au retour signale un traitement incomplet.
- La remise en place : le tapis est-il rapporté, déroulé et reposé sous les meubles ?
Un dernier conseil : à la livraison, déroulez le tapis avec le professionnel et examinez-le près d'une fenêtre, endroit et dos. C'est le moment de poser vos questions, pas trois semaines plus tard. Pour faire examiner votre tapis à Nice ou sur la Côte d'Azur, appelez-nous au 07 49 23 76 50.
Questions fréquentes
Mon tapis a déjà été shampouiné chez moi, est-il abîmé ?
Pas forcément. S'il ne sent pas, ne gondole pas et que les couleurs n'ont pas bougé, il n'a rien de grave ; mais la poussière du fond de la trame est sans doute restée, et un lavage à grande eau la retirera.
Faut-il préparer le tapis avant de le confier ?
Inutile de le nettoyer. Libérez simplement l'accès en déplaçant les petits meubles posés dessus, et racontez ce que vous savez de son histoire : dégât des eaux, animal, produit déjà essayé.
Un tapis de soie se lave-t-il à l'eau ?
Oui, une soie véritable se lave, mais à froid, sans frotter et avec un rinçage court. Une viscose vendue comme soie se traite autrement : la fibre doit être identifiée avant.
Comment savoir si mon tapis a besoin d'un vrai lavage ?
Soulevez un coin et secouez-le au-dessus d'un sol clair : s'il en tombe une poussière fine, ou si les couleurs paraissent ternes et le velours tassé, le moment est venu.


